HISTORIQUE

Mis sur cale à l'arsenal de Brest en décembre 1973, lancé le 6 septembre 1975, le pétrolier ravitailleur DURANCE a été admis au service actif le 12 avril 1977. Il est le septième bâtiment à porter ce nom.
Mis en réserve spéciale, le pétrolier ravitaileur DURANCE fut désarmé en 1997.
1999 : 9-juillet, fête nationale argentine. 14-juillet, fête nationale française. C'est entre ces deux dates très symboliques qu'eu lieu le transfert de pavillon de la DURANCE, acheté par la Marine argentine et rebaptisé PATAGONIA. Le navire quitta Brest, tracté par un remorqueur allemand pour une traversée de l'Atlantique qui dura 40 jours.

Il est le premier d'une série de cinq ravitailleurs construits pour la Marine Nationale : DURANCE, MEUSE, VAR, MARNE et SOMME.
DURANCE et MEUSE sont désignés Pétroliers Ravitailleurs d'Escadre (PRE). VAR, MARNE et SOMME sont nommés Bâtiments de Commandement et de Ravitaillement (BCR) car leurs chateaux avant sont plus long pour acceuillir les locaux supplementaires dûs à leur rôle de navire de commandement.

La DURANCE intégrat l'Escadre de l'Atlantique à sa mise en service jusqu'en 1992, date de sa dissolution. la DURANCE ferat ensuite partie du Groupe d'Action Sous-Marine (G.A.S.M) qui succéde ainsi à l'Escadre de L'Atlantique le 2 juin 1992.

La mission principale de la DURANCE était le ravitaillement à la mer en combustibles, eau, vivres et munitions d'une force navale pouvant comporter un porte-avions.

Les commandants de la DURANCE :

24/01/1976-08/04/1977 C.F. VIGNON
08/04/1977-13/06/1978 C.F. PICHEVIN
13/06/1978-29/06/1979 C.F. POIRRIER
29/06/1979-10/07/1980 C.F. GLACHANT
10/07/1980-10/07/1981 C.F. RENAUX
10/07/1981-09/07/1982 C.F. DELETANG
11/07/1982-27/06/1983 C.F. LE BAS
27/06/1983-08/06/1984 C.F. MAILLOUX
08/06/1984-08/06/1985 C.F. BATTET
06/08/1985-12/09/1986 C.F. HUE
12/09/1986-31/03/1988 C.F. NOE
31/03/1988-22/09/1989 C.F. ROUMAIN de la TOUCHE
22/09/1989-15/03/1991 C.F. GUILLAMET
15/03/1991-31/07/1992 C.F. COLLONNIER
31/07/1992-18/02/1994 C.F. JEZEGOU
18/02/1994-11/08/1995 C.F. BENEDITTINI
11/08/1995-01/09/1997 C.F. PAGE
01/09/1997 C.C. MOUSSEAU

Depuis 1720, sept bâtiments ont déjà porté le nom de DURANCE :

  • En 1720, la Compagnie des Indes avait dans sa flotte une flûte de 500 tonneaux et 12 canons appelée Durance, qui navigua en Atlantique (Sénégal, Antilles, Louisiane) jusqu'en 1734.

  • Mais le premier navire ayant porté le nom de la Durance dans la Marine de l'Etat fut une gabare de 20 canons de VI et de 350 tonneaux (400 ou 500 selon les sources).

    Mise en chantier à Toulon en 1780, elle fut nomée le 16 juin de la même année et lancée le 14 août 1781.

    Armée en octobre 1781, la Durance partit le 9 novembre pour le Antilles, en compagnie d'une autre gabare semblable, le Rhône, d'une navire de commerce et d'une frégate d'escorte, la Précieuse, afin de porter du ravitaillement à l'escadre du comte de Grasse.

    Le 18 décembre 1782, le même convoi, augmenté de la frégate la Gracieuse armée en flûte, escorté cette fois d'une frégate, la Précieuse, et d'une corvette de 26 canons, la Poulette, repartait pour les Antilles, emmenant 1 600 soldats.

    Par la suite, la Durance resta le plus souvent armée en Atlantique.

    Le 18 juilet 1791, elle fut rebaptisée l'Espérance et c'est sous ce nom qu'avec la Recherche, elle prit part à l'expédition de d'Entrecasteaux à la recherche de La Pérouse.

  • La seconde Durance fut également une gabare, dont les principales caractéristiques étaient les suivantes :

    - déplacement : 467 tonneaux;
    - dimensions : 36,25 m X 9,10 m X 4,04;
    - gréée en trois-mâts barque;
    - armement : initial : 12 canons de IV, a partir de 1832 : 2 canons de VIII, 18 caronades de XXIV.

    Ordonnée le 14 nivôse AN XI (4 janvier 1803), nommée le 3 ventose AN XII (24 février 1804), la Durance fut commencée à la Ciotat en novembre 1804 et lancée en septembre 1805.

    De 1807 à 1812, elle fut employée à des transports en Méditerranée occidentale, spécialement entre Toulon et la Corse. Il est possible qu'elle est fait partie des bâtiments qui, sous les ordres du contre-amiral Baudin, tentèrent en vain de ravitailler Barcelone en 1809.

    En 1813, au retour d'un voyage en Corse, elle prit part à la défense de Saint-Tropez contre les anglais, qui furent repoussés.

    Désarmée à Toulon le 1er février 1814, elle fut envoyée à Brest où elle subit une refonte à partir du mois de septembre.

    En 1816, après avoir été utilisée pour transporter des approvisionnements entre Dunkerque, Cherbourg et brest, elle partit, chargée de troupes, pour la Martinique.

    De nouveau en réparations à Brest en 1817, afin de recevoir des courbes en fer pour consolider ses liaisons, la Durance fit un nouveau voyage vers les Antilles pour transporter des munitions aux îles du Vent. L'année suivante, elle y retourna.

    En 1819, en compagnie du Rhône, elle quitta Rochefort pour un grand voyage en Asie au cours duquel elle visita notament la Nouvelle Hollande, Luçon au Philippines, l'île Bourbon. Rentrant à Rochefort le 18 septembre 1820, elle rapportait une riche collection de plantes.

    En 1822, elle effectua une campagne aux Antilles et au Brésil.

    Refondue à Rochefort en 1824, elle reprit ensuite ses voyages, qui l'amenèrent en particulier à Terre-Neuve, en Espagne et en Italie. Puis elle fit une campagne de deux ans dans les mers du sud, avant de retourner au Brésil en 1831.

    En 1832, elle transporta des troupes à la Martinique et en Guadeloupe.

    En 1833, la Durance fut attachée à la force navale du capitaine de vaisseau PARSEVAL-DUCHENES, qui avait reçu la mission de reprendre Bougie, alors aux mains de rebelles. Partie de Toulon, l'escadre arrivait le 29 septembre devant Bougie où elle débarquait 2 000 hommes de troupes et des détachements de marins qui rendirent la place à la France.

    La Durance navigua encore en Méditerranée de 1834 à 1836, et participa, en 1837, à l'expédition de Constantine, en transportant des troupes et du materiel de guerre.

    Fatiguée par une longue carrière bien remplie, la Durance fut condamnée le 21 mars 1838.


  • La troisième Durance fut une nouvelle gabare construite à Nantes sur plans de l'ingénieur FORFAIT. Commencée en 1843, elle fut lancée le 27 septembre 1847.

    Elle répondait aux caractéristiques suivantes :

    - déplacement : 600 tonneaux;
    - dimensions : 44,10 m X 10,40 m X3,44 m;
    - gréée en trois-mâts barque;
    - armement : 18 caronades de XXIV, 4 obusiers de XXX.

    Armée en décembre 1849, la Durance fit aussitôt campagne aux Marquises et à Tahiti où elle conduisit DUPETIT-THOUARS.

    Rentrée à Brest à la fin de 1853, elle fut désarmée. On constata qu'une bonne partie de sa charpente était pourrie. Aussi fut elle condamnée le 12 avril 1854, et rebaptisée le Gardien jusqu'à sa démolition.


  • Aussitôt le nom fut donné à un transport à hélice, qui fut la quatrième Durance.

    Ordonné le 26 juillet 1854, commencée à Lorient le 8 août, nommée le 25 août, la Durance fut mise à l'eau le 15 juillet 1855.

    Semblable à l'Isère, elle avait les principales caractéristiques suivantes :

    - déplacement : 1 200 tonneaux;
    - dimension : 73,13 m X 12,88 m X 4,96 m;
    - coque en bois;
    - propulsion : machine de 160 CH, 1 hélice à 2 ailes de 3,64 m de diamètre en puits, vitesse 7,7 noeuds;
    - gréement en quatre-mâts;
    - armement : 4 canons de XII sur les gaillards en 1855, 6 puis 8 obusiers de XXX en 1856, 4 orbusiers de XXX en 1866, 4 canons de 140 mm en 1869;
    - effectif : 153 hommes

    Armée pour la première fois le 12 novembre 1855, la Durance fut envoyée à Toulon et affctée à des transports de troupes, de vivres et de matériel pour la Crimée, effectuant plusieurs voyages à Kamiesch.

    En décembre 1856 elle fut armée pour une campagne en Chine, quitta Toulon le 19 janvier 1857, escortant la canonière la Fusée, et rallia le pavillon de l'amiral CHARNER. Elle resta plusieurs années en Extrême-Orient. Elle participa notament, dans la division RIGAULT de GENOUILLY, au transport de troupes effectué entre le 2 et le 10 février 1859 de Tourane au cap saint-Jacques pour aboutir à la prise de Saïgon le 17. De mai 1860 à octobre 1861, elle séjourne en rivière à Canton, puis elle stationna à Saïgon jusqu'au 8 février 1862, date de son appareillage pour la france.

    Arrivée à cherbourg le 12 juin 1862, lle y resta jusqu'en 1866 et y subit une refont très importante de l'apareil propulsif, comportant en particulier le changement des chaudières.

    Elle fut réarmée en décembre 1866 pour participer à l'évacuation du corps expéditionaire du Mexique. Partie le 20 décembre, la Durance était de retour à Cherbourg le 9 mai 1867.

    Réarmée en septembre 1870, elle fut envoyée à Rchefort. Au cours de l'année 1871, elle effectua d'abord un certain nombre de transport entre des ports français, puis, en avril, elle se rendit à Glükstadt (dans l'Elbe). Le 21 juillet, elle partait pour la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe, rentrant à Cherbourg le 23 octobre.

    En juin 1872, la commission chargée de l'examiner constata qu'elle était en très mauvais état. Le 12 août 1872, elle rayée des listes de la flotte.


  • La cinquième Durance fut à nouveau un transport (ou un aviso transport) à hélice.

    Construite à Rochefort, elle y fut mise en chantier le 1er mars 1882 et lancée le 10 janvier 1887.

    Elle répondait aux caratéristiques suivantes :

    - déplacement : 1 597 tonneaux;
    - dimension : 66,80 (ht) m X 10,50 m X 4,90 m;
    - coque en bois, barrotage et liaison en acier;
    - propulsion : une machine à pilon, 175 CH nominaux, 1 hélice à 4 ailes de 3,52 m de diamètre, vitesse 8 noeuds;
    - gréement en trois-mâts barque, surface de voilure 1 224 m2;
    - armement : 4 canons de 140 mm, 1 canos de 65 mm, 4 canons revolvers de 37 mm (sur les gaillards), 2 canons de 90 mm (1 sur la dunette et 1 sur la teugue);
    - effectif : 8 officiers, 111 hommes.

    Armée pour la première fois le 16 mai 1890, la Durance fit d'abord campagne en Atlantique jusqu'au 13 décembre 1890.

    Affectée en 1891 à la station de Thaiti, elle resta logtemps dans le pacifique sud, et eut notamment pour passager le peintre Gauguin. Elle ne rentra à Cherbourg que le 17 octobre 1895.

    En 1897, elle fit partie de la station du Sénégal.

    Après être restée désarmée à Rochefort du 20 avril 1899 au mois d'octobre 1900, la Durance fut affectée à la division navale du Pacifique. Elle avait alors comme médecin-major Victor SEGALEN dont les oeuvres littéraires sont passées à la postérité.

    De retour à Toulon, elle fut désarmée et le 4 décembre 1905 elle était condamnée et rayée de la première partie des listes de la flotte. elle fut utilisée ensuite come bâtiment central de la 1ère flotille de sous-marins à Toulon et ne fut vendue pour la démolition que le 30 décembre 1910.


  • Dès 1921, en effet avait été admis au service actif le pétrolier la Durance, sixième du nom.

    Contruit aux chantiers Lannester à Lorient à partir de 1919, ce navire y fut lancé le 11 septembre 1920. Il avait les caratéristiques suivantes :

    - déplacement : 1 072 tonnes;
    - dimension : 74 m X 11,60 m X 4,80 m;
    - port en lourd : 1 500 tonnes;
    - propulsion : turbine à vapeur, 1 100 chevaux, 1 hélice, vitesse 10,5 noeuds;
    - armement : 2 canons de 75 mm;
    - effectif : 3 officiers, 52 hommes.

    Armée en 1921, la Durance joua le rôle de ravitailleur d'escadre, d'abord dans la division navale de la Baltique puis dans celle de la Manche et de la mer du Nord, allant même ravitailler les unités de la Marine Nationale dans les orts étrangers (Copenhague, Lisbonne, Libau en Lettonie notament).

    Affectée en 1927 au train de la IIe Escadre, ele assura en 1930 le ravitaillement des sous-marins Joessel, Fulton et Néréide pendant leur croisière dans l'océan Indien, ce qui valut à l'état-major et à l'équipage un témoignage de satisfaction du commandant de l'escadre.

    En 1936, la Durance fut affectée à la IIIe Région maritime de Toulon.

    le 25 juin 1940, elle fut placée en gardiennage dans le Groupe des bâtiments auxiliaires.

    Sabordée le 27 novembre 1942 dans la darse des pétroles à Toulon, elle fut renflouée le 7 mai 1943, mais en août 1944 elle fut retrouvée à la Seyne à l'état d'épave.

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