Ravitaillement à la mer

Une force navale dispose d'un inséparable compagnon de route : le pétrolier ravitailleur. Elément désormais indissociable d'un groupe de bâtiments en mission, il permet au groupe de durer à la mer loin de son port de base.

Le Ravitaillement à la mer, plus familièrement appelé RAM, a lieu environ tous les 3 jours.

C'est une manœuvre spectaculaire nécessitant la plus grande vigilance et l'application de mesures de sécurité des plus rigoureuses, de l'officier de manœuvre en passerelle jusqu'au maître de manœuvre sur les aires de ravitaillement. Les 2 bâtiments se trouvent côte à côte à seulement une quarantaine de mètres d'écart comme reliés par de multiples cordons ombilicaux. En fonction de la houle, du vent, de la visibilité, l'opération s'avère plus ou moins périlleuse. Il faut agir vite avec des conditions de sécurité renforcées. Le personnel de RAM travaille à proximité de câbles tensionnés à plus de dix tonnes ; les hommes sont équipés d'une brassière, d'un casque de sécurité et de gants de manutention. Les plus exposés sont retenus par des lignes de vie. La moindre erreur de manipulation peut être fatale ; le bosco, chef de l'aire de RAM a l'œil pour faire respecter les consignes à la lettre ; la plus élémentaire est de ne pas fumer lors d'un ravitaillement en combustible. Chacun est averti du danger d'incendie ou d'explosion, et entraîné à l'utilisation des équipements de lutte contre l'incendie.

Le gréement est passé. En général, pour gagner du temps dans cette manœuvre de RAM où les bâtiments sont très vulnérables, 2 postes de ravitaillements sont armés de chaque côté du ravitailleur, ce qui permet de s'occuper de deux bâtiments à la fois. A l'avant, un navire engloutit l'eau, le mazout et le TR5 (carburant aviation pour les hélicoptères). Les vivres et des matériels divers sont transférés à l'arrière. Enfin on peut également utiliser les hélicoptères qui, sous leur ventre, transportent des charges accrochées par un filin.
Le bateau doit aussi nourrir ses hommes. En mission, il récupère tous les 7 jours des vivres du pétrolier ravitailleur. Farine, denrées de base, crèmerie et congelés stockés dans les soutes fret du ravitailleur viennent compléter son autonomie.
Pour améliorer le quotidiens, il faut également solliciter le pétrolier en vivres frais, boissons fraîches et en fûts de bière.
Curieux paradoxe : être sur la grande bleue et manquer d'eau ! Véritable mères nourricières, les pétroliers ravitailleurs délivrent aussi cette denrée précieuse : eau douce pour le personnel, eau distillée pour les machines.

La fin du ravitaillement est annoncée par les hymnes propres à chaque pétrolier ; discrètement, le ravitailleur s'éloigne et disparaît. Une fois de plus, l'expérience et le grand professionnalisme des diverses équipes de RAM ont eu raison des risques encourus pendant cette manœuvre délicate.

Un cable support (1) est tendu entre le ravitailleur (la DURANCE) et le ravitaillé. la tension de ce câble est maintenue constante à l'aide d'un dispositif hydraulique complexe de tensionnement automatique. On met ensuite en place la ligne de manches (2) qui s'appuie sur le câble support. Un embout spécial (3) (système PROBE) va se fixer automatiquement dans un cône récepteur (4) dont le ravitaillé est équipé.
Le principe de transfert des charges lourdes (vivres, munitions etc.) est analogue.



RAM à couple avec l'ACONIT


RAM arrière avec le LV LAVALLEE

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